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Mercredi, 30 Mars 2011 16:22 |
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Rêvons un peu et imaginons un collège où tout se passerait bien, où les profs dispenseraient leur enseignement à des élèves respectueux, où des profs respectueux seraient à l'écoute de leurs élèves. Bref, un collège comme il en existe peu.
Le collège, c'est un peu comme les trains dont on ne parle que quand ils sont en retard. Il fait l'actualité à l'occasion d'une agression, d'une dégradation, d'une occupation, d'une sanction et de tout un tas de trucs en -tion, tant que ce n'est pas satisfaction. C'est ce collège que Micheline Jeanjean nous décrit dans L'Arène du collège, un collège où le prof descend tous les jours combattre dans l'arène. On assiste au duel entre le prof et ses élèves, on le voit passer par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, du vert de l'espoir au noir du désespoir en passant par le rouge de la colère, voire de la honte.
Mais ce n'est pas que ça ! L'auteur montre également les élèves sous leurs mille et une facettes, de la facette éreintée par la vie à la facette brillante d'avenir promis, on les suit dans leurs vies d'ados, dans leurs actes et leurs pensées, on suit la prof dans sa vie privée, dans ses doutes et ses certitudes. Guidé par l'écriture sans concession de Micheline Jeanjean, le lecteur pénètre dans ce microcosme et il voit que tout n'est pas noir. Le coup de corne du prof ou sa mise à mort ne sont pas une fatalité. Quoi qu'on entende dans les médias, on a affaire à des êtres humains. De part et d'autre du stylo rouge.
Le dialogue doit être possible et Micheline Jeanjean aimerait l'initier avec cet ouvrage. Allez chiche, on le lit ensemble, profs, élèves et parents, et on en parle ?
Rêvons un peu : si son prochain titre était La reine du collège...
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Mercredi, 30 Mars 2011 05:50 |
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La fille qui n'existe pas est un ouvrage sur l'image de la fille, de la femme dans la société. Une image en papier glacé interminablement long, comme les jambes des mannequins, incroyablement étroit, comme (l'absence de) la taille des mannequins. Elles sont belles, elles sont riches, elles sont adulées, ces mannequins, elles ont des maris célèbres et... heureux de se pavaner au bras de leur poupée. Heureux ?
Le bonheur est-il inversement proportionnel à la taille de sa compagne et proportionnel à la longueur de ses jambes ? C'est ce que semblent croire les garçons qui matent les "canons" et humilient les "thons". Les thons, vous savez les filles qui ont des hanches, un postérieur, des cuisses, un petit bedon, un visage rond : des formes !
Alors, pour être belles, matées, adulées, en attendant d'être mannequins et riches, les filles se soumettent au dictat de ce leitmotiv : pour être belles, soyons minces ! Entre minceur et maigreur, la nuance est mince. Entre régime et anorexie aussi.
C'est ce que dénonce Marie Mélisou dans La fille qui n'existe pas, un ouvrage qui n'est pas le x + unième sur le thème. C'est un ouvrage "rentre dedans" qui n'a pas peur d'employer les mots qui font mouche, qui n'a pas peur de briser les tabous et qui, pour une fois, prend en compte la douleur de l'entourage, des amis. C'est un ouvrage qui dénonce, mais qui ouvre aussi sur un espoir : et si les mecs arrêtaient d'être cons, de mater les crevettes ? Et s'ils se mettaient au régime thon, ils verraient que c'est aussi bon. Et si les filles arrêtaient de se complexer ? Si elles portaient un autre regard sur leur corps, sur leur poids ? Si elles se voyaient AUTREMENT ?
C'est précisément pour cette raison que le professeur Rigaud a tenu à écrire la préface de cet ouvrage, lui, le professeur de Nutrition au CHU de Dijon, chercheur au CNRS et Président de l'association AUTREMENT : "Pour un autre regard sur son poids". |
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Lundi, 21 Mars 2011 00:00 |
Le volet claqua contre la façade de la rue. Clément sursauta dans son lit. Son cœur battait la chamade. Tous les sens en éveil, il guettait les bruits de la nuit. Il entendit les rafales irrégulières du vent remonter la rue Sabatière en sifflant. De nouveau, le volet claqua dans l'obscurité. Le signal ! C'était le signal que Clément attendait depuis si longtemps. « C'est pour cette nuit ! » pensa-t-il en se redressant d'un bond. À tâtons, il sortit de leur cachette un baluchon d'étoffe soigneusement roulé et deux bâtons. [...] Quelques minutes plus tard, un étrange personnage se faufilait avec précaution hors de la maison. Avec sa veste trop large bizarrement enroulée autour de la taille et ce châle qui semblait ne plus devoir en finir, on aurait dit un sinistre oiseau de nuit. [...] Clément leva les bâtons à bout de bras vers le ciel, déployant ainsi de vastes ailes d'étoffe. Il entendait à ses pieds le bruissement de la Louge qui se jetait dans la Garonne. Où il ne tarderait pas, lui aussi, à se jeter. Il était prêt à prendre son envol... avec la complicité du vent d'autan.
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C'est ainsi que Clément Ader, enfant, commença la brillante carrière qu'on lui connaît, en sautant dans le vide, au confluent de la Louge et de la Garonne, à Muret, avec, pour tout équipage, une longue écharpe maintenue par deux bâtons. La carrière qu'on lui connaît... mais que sait-on de Clément Ader, d'ailleurs ? Qu'il a inventé l'avion ? Très bien, et puis quoi encore ? Ah ah... Et si je vous disais théâtrophone, téléphone, pneumatique de vélo, machine à poser les... C'est précisément le but de cette biographie romancée, reposant sur des faits réels et avérés : montrer Clément Ader sous un angle nouveau, ses convictions et ses doutes, ses spectaculaires avancées et ses retombées - dans les deux sens du terme - non moins spectaculaires, les amitiés qu'il a su éveiller et ses ennemis, sa vie de famille, son amour pour les oiseaux, un amour si particulier... Clément Ader était une sorte de Léonard de Vinci. Savez-vous d'ailleurs seulement qu'il peignait ? Non ? Son autoportrait est tout à la fin de Clément, un garçon dans la vent !
Pour le troisième cycle.
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