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Chicharra et les vautours
Certes, il y a la pureté de l’air, les grands sapins protecteurs, les vertes fougères, la vue incomparable sur plusieurs vallées, l’aigle royal, les marmottes et, de temps à autre, les passages à cheval, sur le sentier forestier, d’une jeune fille aux yeux verts. Mais Pierre souffre de solitude dans sa grange transformée en habitation, à flanc de montagne. De plus, il est régulièrement harcelé par un voisin hargneux. Il ne voit pas comment échapper à son triste destin. Jusqu’au jour où son copain Manolo va lui ouvrir les portes d’un avenir exaltant. Grâce à son cousin, le chanteur Chicharra, Manolo veut créer avec Pierre un commerce de produits dérivés à l’effigie de l’idole des foules. Partout dans le monde, Chicharra chante en faveur des enfants esclaves. Avec son physique qui emprunte à la fois à Arthur Rimbaud et à Che Guevara, il porte l’émotion au cœur de son public. Les jeunes filles affichent son portrait dans leurs chambres et les garçons ne sont pas jaloux de sa beauté. Les deux amis vont inonder le monde avec leurs produits marqués par la signature et le portrait de Chicharra : briquets, écharpes, tee-shirts, agendas, autocollants, badges, posters, cartes postales, stylos, casquettes, bobs, porte-monnaie, montres, réveille-matin, médailles, statuettes, cendriers, pochettes d’allumettes, etc. Les commandes affluent et l’argent aussi. La moitié des bénéfices sera versée à un orphelinat de Bolivie. Pierre et Manolo sont jeunes, purs et naïfs. Très vite, pourtant, ils vont découvrir que le commerce international est un vrai métier et qu’on peut y rencontrer des adultes sans scrupule. Le rêve menace de virer au cauchemar. Alors, Chicharra n’hésite pas à voler au secours des deux amis. Il ignore que, dans cette affaire, il s’est lui-même exposé à un terrible danger. |